L’e-santé est à la mode. On entend ce mot de plus en plus souvent mais on se demande souvent ce qu’il recouvre réellement …

Définition et domaines de la e-santé

Le terme d’e-santé (e-health en anglais ou bien encore télésanté) désigne l’ensemble des aspects numériques relatifs de près ou de loin la santé. On comprend donc que le sujet est vaste et on est à peine plus avancé…

En affinant le concept, on voit que cela concerne des domaines comme la télémédecine, la prévention, le soutien à domicile, le dossier médical personnalisé (DMP), les objets connectés permettant le suivi des maladies chroniques à distance (diabète, hypertension, insuffisance cardiaque …) etc.

L’e-santé, remède magique contre les difficultés de notre système de santé ?

L’e-santé apparaît de plus en plus comme une bonne solution à mettre en place pour pallier aux difficultés auxquelles notre système de soins est confronté, parmi lesquelles on peut ainsi citer notamment :

  • Le vieillissement de la population et les problèmes associés comme la gestion du maintien à domicile et le suivi des maladies chroniques,
  • l’augmentation des dépenses de santé malgré les nombreuses réformes,
  • les déserts médicaux qui menacent l’accès égalitaire aux soins,
  • etc.

Beaucoup voient dans l’e-santé une, voire LA SOLUTION économique permettant de réduire les coûts et de rendre l’accès aux soins égalitaire quelle que soit la localisation du patient.

Pourquoi pas … d’autres pays sont aujourd’hui plus avancés dans le développement de la e-santé que la France et certaines des difficultés précédemment soulevées sont effectivement améliorées par la e-santé. Néanmoins, cela pose de nombreuses questions techniques, éthiques et économiques.

Les deux grands domaines de l’é-santé

En effet, on peut séparer l’e-santé en deux grands domaines :

E-santé

  • un domaine réglementé : la télémédecine avec des données médicales ultra-sécurisées accessibles seulement aux professionnels de santé dument authentifiés
  • un domaine non-réglementé, la e-santé du bien-être (quantified self), de la prévention et du lien social accessible au quidam sur Internet

 

Enjeux pour le déploiement massif de l’e-santé

Pour la télémédecine, les problèmes sont de taille avant un déploiement massif:

  • en premier lieu on peut citer la confidentialité des données personnelles et les problèmes éthiques soulevés en cas d’accès non autorisé,
  • la généralisation du dossier médical personnalisé qui devait couvrir l’ensemble de la population française. Pour rappel, en 2014, environ 470 000 dossiers ont été créés et il semblerait que la moitié sont remplis correctement selon les derniers chiffres malgré les 500 millions d’euros investit dans le projet.
  • la gestion du déploiement des solutions techniques pour couvrir l’ensemble de la population française au nom du de l’égalité d’accès aux soins,
  • le basculement vers le numérique des services de santé actuels et la formation des professionnels de santé et l’éducation et la responsabilisation des patients.

Pour la prévention et le bien-être, les enjeux sont moindres et de différentes solutions simples et peu coûteuses pour informer, conseiller et prévenir les risques sont disponibles ou en cours de développement. On pense par exemple aux plateformes d’appels téléphoniques ou aux plateformes Internet qui voient le jour afin de proposer non seulement des conseils mais également des services adaptés aux besoins des utilisateurs qu’ils soient seniors, handicapés, aidants familiaux ou bien tout simplement des personnes soucieuses de leur santé et de leur bien-être.

C’est d’ailleurs probablement dans une évolution de ces plateformes destinés au plus grand nombre que pourrait être une réponse aux problèmes soulevés dans le cadre de la télémédecine.

Une évolution vers des plateformes hybrides

En effet, un accès sécurisé à des experts, des praticiens accessible au plus grand nombre serait un moyen fort intéressant et peu onéreux pour répondre aux besoins. Ainsi, une intégration des fonctions de télémédecine au sein de plateformes généralisées est sans doute une piste intéressante pour le futur.

 

Néanmoins, il convient de rester prudent : la technologie évolue, se démocratise mais
dans le domaine de la santé, rien ne vaut l’humain ! D’aucuns, comme au Japon notamment, voient bien les robots remplacer les humains, notamment pour les tâche de soutien à domicile de nos aînées en perte d’autonomie. Quand on sait que le lien social entre aidants et aidés notamment est un des facteurs essentiels de qualité de vie des seniors, on peut douter de la pertinence d’une solution purement technologique même si l’évolution nous laisse à penser que nous n’en sommes peut-être pas si loin ! Mais ceci est une autre histoire sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir bientôt…