Les solutions apportées par les technologies de l’information et de la communication ne cessent de nous faciliter le quotidien dans de nombreux domaines, notamment dans le domaine de la santé.

Pratique de plus en plus courante, la télémédecine permet un échange d’informations à distance entre le patient et son médecin. Après un déploiement progressif, elle est désormais officiellement reconnue par le code de la santé publique en France. Sa prise en charge par la Sécurité Sociale est possible sous certaines conditions depuis le 15 septembre 2018.

 

telemedecine

 

Téléconsultation : repenser la relation patient-médecin

 

La téléconsultation est un acte de télémédecine qui rend possible la réalisation d’une consultation à distance et la délivrance d’ordonnances par le professionnel médical. Cet acte doit être pratiqué par le médecin traitant ou avoir été inscrit dans le parcours de soin établi par ce dernier. Le médecin téléconsultant doit être en possession du dossier médical du patient. Cette pratique est ouverte à toute personne assurée et dans toutes les disciplines médicales.

Le remboursement des actes de télémédecine était jusqu’à maintenant réservé aux résidents des EHPAD. Depuis septembre 2018, le remboursement des actes de télémédecine est étendu aux :

  • affections de longues durée (AFD) ;
  • maladies rares ;
  • personnes vivant dans des zones considérées comme des déserts médicaux.

Dans tous les cas, la prise en charge reste la même que pour une consultation classique : 70% du montant est remboursé par la Sécurité Sociale et 30% par la complémentaire santé.

La téléconsultation est l’un des cinq actes de télémédecine établis par le décret du 19 octobre 2010 relatif à cette pratique. Une description précise de ces actes est disponible sur le site internet de l’agence française de santé numérique.

 

Télémédecine: une réponse aux déserts médicaux ?

 

Le vieillissement de la population, le nombre croissant des maladies chroniques et le manque éminent de professionnels dans les zones rurales sont autant d’enjeux auxquels doit faire face la médecine actuelle.

La télémédecine, c’est la possibilité pour les personnes fragiles et isolées dont l’état de santé nécessite un suivi médical régulier de conserver leur autonomie. Les prises de rendez-vous pour des consultations simples tel qu’un renouvellement d’ordonnance se voient alors facilitées.

Dans les zones urbaines aussi, la télémédecine se présente comme une solution face à une densité de médecins spécialistes (dermatologues, gynécologues, etc.) trop faible pour réussir à répondre à une demande de soins élevée dans ces domaines. Pour accéder à ces services, médecins et patients peuvent se connecter sur des plateformes de télémédecine sécurisées telles que Medaviz.

Il est nécessaire que chacun soit en possession d’une tablette, d’un smartphone ou d’un ordinateur doté d’une caméra. La connexion internet doit également être de bonne qualité afin de permettre le transfert de documents médicaux.

Un nombre croissant de centres de santé et d’établissement médicalisés (EHPAD, etc.) se munissent par ailleurs de salles dédiées à la téléconsultation afin de permettre aux personnes non équipées de pouvoir en bénéficier.   

 

La télémédecine : une démocratisation à l’échelle européenne ?

 

Si la pratique de la télémédecine s’est largement démocratisée à travers l’Europe, certains pays manifestent encore quelques réticences quant à son utilisation.

En Allemagne par exemple, un assouplissement de la loi sur l’interdiction du suivi médical à distance a été voté en mai 2018 par l’assemblée générale des chambres régionales des médecins.

Si cet assouplissement est reconnu d’utilité publique par la grande majorité des professionnels de santé allemands ; l’application de la loi au sein des états fédérés n’est pas encore garantie. Peu de temps avant l’assemblée de mai, la Sarre s’était en effet opposée aux actes de consultation par télémédecine pour tous les patients.

Dans les pays scandinaves cependant, la télémédecine représente déjà une réalité depuis deux ans. En Suède notamment, des société de télémédecine telle que Kry ont contribué à la construction de véritables “cliniques virtuelles, avec des téléconsultations ouvertes 7 jours sur 7 de 6 heures à minuit” Mollaret, Guillaume. “En Suède, la télémédecine est une réalité dont la France veut s’inspirer” Le Figaro. 07/06/2018.

Des applications mobiles téléchargeables permettent par ailleurs de faciliter l’accès aux téléconsultations médicales. Environ 5% des consultations de premier recours sont désormais réalisées par video.

Le modèle suédois semblerait donc celui à suivre pour répondre aux enjeux actuels des systèmes de santé des pays européens.